Constance Gennari, The Socialite Family

Donner le ton
Le luminaire dans la décoration

Rencontre avec Constance Gennari, fondatrice de The Socialite Family

Se sentir bien chez soi, penser des solutions modulables permettant d’adapter l’ambiance à son humeur, raconter une histoire familiale en mettant en lumière bibelots et photos, l’éclairage intérieur permet tout cela. Constance Gennari nous donne quelques conseils personnels et astuces observées chez les familles contemporaines, urbaines et connectées dont elle présente les intérieurs sur son site The Socialite Family. Quand la lumière fait la différence.

Parmi les appartements que vous avez récemment visités, quels sont vos coups de cœur ?

J’ai photographié un appartement de famille ré-agencé par le petit-fils de la propriétaire. Il l’a décloisonné et
a installé plusieurs types de luminaires : des Lianes des frères Bouroullec dans la salle à manger, des appliques Mouches en albâtre de Pierre Chareau dans l’entrée. Bien que d’époques différentes, ces luminaires fonctionnaient très bien ensemble. Dans le salon, pas de lustre, mais plusieurs points lumineux. Je pense que c’est le secret : avoir des sources de lumière qui permettent, tout au long de l’appartement, de découvrir des pièces, des objets, de mettre en valeur de petits bibelots, de raconter une histoire, ponctuée de photos de famille.

Que diriez-vous de l’importance de l’éclairage dans les intérieurs contemporains ?

C’est la première chose à laquelle il faut penser quand on emménage, ce ne sont plus les rideaux qui habillent un lieu, ce sont les luminaires. D’ailleurs, les luminaires, anciens et modernes, rencontrent un intérêt croissant. D’une manière générale, je ne suis pas tellement pour les spots, qui donnent une ambiance trop « boutique », ni pour l’éclairage « industriel », avec un interrupteur qui allume tout. C’est important de pouvoir varier son éclairage, composer tout le temps, ou avoir des variateurs, qui permettent de baisser l’intensité.

Comment composer avec tous ces luminaires ?

Dans un salon, je suis pour un éclairage dans les angles, éventuellement en complément d’un éclairage central, avec des ampoules d’intensité différente qui permettent de varier en fonction de son humeur et de l’heure de la journée. Le soir, on peut avoir envie de n’allumer qu’un seul luminaire, qui nous fait du bien et qui nous calme, de rester dans une ambiance de semi-nuit, comme dans un éclairage à la bougie, avant d’aller se coucher. J’ai chez moi une Mante religieuse Rispal, j’aime l’allumer le soir, elle me prépare presque au sommeil. Cela dit, une source lumineuse centrale peut être très belle, dans une entrée par exemple. J’aime les plafonniers dans les petites pièces, comme point lumineux qui se suffit à lui-même. Cela crée un sas quand on arrive dans un appartement. Pour les chambres d’enfant, mon premier réflexe n’est pas d’aller dans les espaces dédiés. J’aurais plutôt tendance à choisir un luminaire qui pourrait tout à fait être dans un salon : une suspension Serge Mouille ancienne par exemple, une lampe en Plexiglas, un luminaire en forme de ballon. Je pense que c’est bien de proposer aux enfants des objets qui éveillent leur curiosité. Pour les chambres, je trouve les petites appliques très intéressantes, à la place des liseuses. On peut jouer autour d’une ambiance, sur les lumières, décider de n’en allumer qu’une seule, ou de les allumer toutes, en fonction de son envie, de ses humeurs. Aujourd’hui, les appliques se positionnent différemment : plus bas, parfois côte à côte, comme le fait le duo d’architectes italiens Dimore studio.

Pour vous, qu’est-ce qu’un beau luminaire ?

J’ai plaisir à regarder une belle pièce, même quand elle est éteinte et aussi à l’admirer quand elle est allumée, 
à découvrir l’intelligence du travail des designers. Les Italiens en particulier ont trouvé des moyens assez étonnants et inventifs pour éclairer les intérieurs d’une manière très élégante. Les lignes et les formes des luminaires qu’ils ont créés dans les années 1930-1940 reviennent d’ailleurs à la mode, avec des piétements en marbre, des interrupteurs au pied avec variation d’intensité, de très beaux câbles aussi. J’aime beaucoup le verre, je chine beaucoup ce type de luminaires, mais je pourrais aussi acheter des lampes de Michael Anastassiades, qui sont dans le même esprit. Un luminaire est aussi une œuvre d’art que l’on aime regarder, comme la lampe Ananas de la Maison Charles, que l’on a vue dans tous les James Bond.

« Les meubles, les styles et les tapis sont sans importance comparés au positionnement de l’éclairage. Cela ne coûte rien, mais nécessite une certaine culture. »

Poul Henningsen